De nouvelles études portent sur le gaspillage alimentaire

Typographic - JUNK FOOD

De récents rapports ont souligné les quantités ahurissantes de nourritures qui sont jetées dans le monde occidental. Certains rapports portant sur les déchets alimentaires ont d’ailleurs fait les manchettes. À la tête de ceux-ci, Timothy Jones, chercheur au département d’anthropologie de l’université d’Arizona, a démontré que de 30% à 50% de la production alimentaire se retrouve aux poubelles. Une étude menée par l’institut national américaine de la santé, calcul que le système alimentaire américain gaspille environ 1 400 kCal par personne chaque jour, soit environ l’équivalent de ce qu’un consommateur mange quotidiennement. Les américains ne sont pas les seuls concernés. Le programme britannique d’actions et de ressources sur les déchets a démontré que l’équivalent de 20 billions de dollars d’aliments et de boissons comestibles sont jetés chaque année en Grande-Bretagne. En Autriche, l’institut de gestion des déchets de l’université agricole de Vienne a calculé que chaque européen jette 240 kg d’aliments par année.

Dans une étude publiée en 2004 par Timothy Jones, le gaspillage produit par l’industrie alimentaire américaine serait aussi élevé que 40% de la production. Cet énorme pourcentage représente 45 billions de dollars annuellement gaspillés. Au cours d’études sur les pratiques alimentaires des consommateurs, le Dr Jones et son équipe ont découvert que les ménages jettent approximativement 14% des aliments qu’ils achètent. De ce pourcentage, 15% étaient toujours dans leur emballage d’origine et jetés avant la date de péremption. Parallèlement, 90% des familles sondées avaient affirmé qu’elles jetaient peu ou aucun aliment acheté.

Dans une étude menée en 2009, l’institut national américain de la santé à découvert que les États-Unis jettent 150 trillions de kilocalories par année. Ces études s’accordent et appuient les recherchent du Dr Jones qui prouvait qu’environ 40% des denrées alimentaires américaines aboutissaient aux sites d’enfouissement (une augmentation de 28 pour cent depuis 1974). Au-delà du gaspillage alimentaire, les calories non utilisées ont de sérieuses répercussions sur l’environnement. Plus de 25% de la consommation américaine en eau potable et environ 300 millions de barils d’huile sont nécessaires annuellement pour produire ces aliments gaspillés. De plus, ces déchets ne servent qu’à produire une quantité importante de méthane (un gaz à effet de serre plus puissant que le dioxyde de carbone) et à se composer au site d’enfouissement.

Kevin Hall et ses collègues de l’institut national américain de la santé rapporte que les déchets alimentaires produits aux États-Unis ont augmenté d’environ 50% depuis 1974. Simultanément, l’USDA révèle que seulement 5,6% du revenu est dédié à nourrir une famille de quatre personnes en 2009; la proportion la plus basse depuis 1929. La faible valeur perçue et monétaire de l’alimentation est certainement un des principaux facteurs contribuant au gaspillage alimentaire. Les consommateurs deviennent moins frugaux, font une planification moins attentive de leur garde-manger et gaspillent davantage puisque les dépenses alimentaires représentent une plus faible proportion de leur revenu.

À l’heure où les industries exercent des pressions à la baisse sur les prix, les fermiers sont forcés d’abandonner leur récolte dans les champs (une pratique connue sous le nom de « walk-by » ou « plow-under » en anglais) puisque leur valeur marchande est moindre que leur coût de récolte. Les recherches du Dr Timothy Jones menées à l’université d’Arizona, démontrent qu’au cours d’une production annuelle, 350 000 tonnes de feuilles de laitue, 130 000 tonnes de brocoli, 40 000 tonnes de carottes et 50 000 tonnes de chaux-fleurs sont perdus sur les fermes américaines, 50% de ces pertes ne sont jamais récoltés.

Une étude menée par le programme d’action sur les ressources et le déchets (WRAP), qui fut crée par le gouvernement britannique afin de mener à bien des recherches sur les déchets et les emballages, révèle que les déchets alimentaires britanniques totalisent 6,6 millions de tonnes par année. Selon la chaîne de recherches britannique sur les aliments, la production, la distribution et l’entreposage de la nourriture comptent pour 20% des émissions de gaz à effets de serre du pays. Le rapport mené par le WRAP conclu que « si nous cessions de gaspiller de la nourriture qui pourrait encore être mangé, nous pourrions réduire notre émission de dioxine de carbone d’au moins 15 millions de tonnes par année ». Il ajoute que « la majeure partie de ces émissions sont associées aux énergies enclavés, toutefois, une proportion significative résulte des déchets alimentaires non triés qui se retrouvent dans les dépotoirs »

Les recherches du WRAP soulignent le fait que les ménages jettent jusqu’à 20% de leurs achats en nourriture alors que ces derniers sont toujours bons à consommer : les produits laitiers et les œufs en plus grande proportion (15%), suivi par le pain et les légumes (13%), les produits animaliers (12%) et les repas et aliments préparés (9%).

Selon les scientifiques de l’institut de gestion des déchets de l’université agricole de Vienne, l’Europe consomme annuellement l’équivalent de 100€ de nourriture par personne, soit 240kg qui correspond à trois fois le poids d’un adulte de sexe masculin. Comme le démontrent les études britanniques et américaines, plusieurs produits alimentaires se retrouvent au dépotoir sans jamais avoir été ouvert. Les mêmes mauvaises habitudes se retrouvent dans les industries alimentaires, et notamment dans les boulangeries qui ne cessent de produire jusqu’à leur fermeture. La résultante à l’échelle nationale viennoise, dont la population est de 1,7 millions de personnes, est que le pain jeté par la ville serait suffisant pour couvrir les besoins d’une seconde ville de taille moyenne telle Grace, dont la population est de 300 000 habitants.

Cette problématique se retrouve également dans les épiceries. Puisque la compétition à mené les consommateurs à n’acheter que des produits sans imperfections, les épiceries ont commencé à jeter des aliments parfaitement comestibles pour des raisons superficielles. Paquets endommagés, fruits et légumes légèrement abîmés, produits boulangers de la veille, produits s’approchant de la date de péremption et fin de ligne de produits sont tous des aliments comestibles qui finissent dans les poubelles des commerces. Les épiceries européennes de taille moyenne, lesquelles sont beaucoup plus petites que les épiceries américaines standards, jettent quotidiennement 45 kg de nourriture parfaitement comestible. Les items le plus fréquemment jetés sont les fruits et les légumes, suivis par les œufs, le fromage et la viande; les experts estiment qu’au moins 25% de ces produits sont encore bons pour la consommation.

Références

Green Inc.: Study Analyzes Food Waste in Britain
By PETE BROWNE
Published: November 10, 2009
A new report suggests that British consumers unnecessarily discard $20 billion worth of food and drink every year.

A hill of beans
Nov 26th 2009
From The Economist print edition


Le gaspillage de denrées alimentaires se poursuit
Canoë
11/11/2008 14h25

Gaspillage des denrées alimentaires
Mettons fin au gâchis
Environnement
10.11.2008

Note

Le programme d’actualités The Current de Radio Canada (anglais), porte une attention particulière sur les enjeux alimentaires au plan mondial dans le cadre de sa série Diet for a Hungry Planet, incluant ce reportage portant sur le gaspillage alimentaire.

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Cette entrée a été publiée le 2010/01/07 à 14:36. Vous pouvez suivre toutes les commentaires de cette entrée à partir du fil RSS. Vous pouvez laisser un commentaire ou utilisez un rétrolien (trackback) à partir de votre propre site.

One Trackback

  1. [...] ou de lait 3 à 4 kg de protéines végétales. Or le système alimentaire global produit au maximum (aux USA) 2kg de nourriture pour 1kg qui est consommé et l’autre jeté. Et ce chiffre prend [...]


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    Si « la belle vie » consiste à nous empoisonner nous-mêmes, elle ne sera pas belle longtemps. Pour bien vivre nous devons nous reconnecter avec un mode de vie où nous nous sentons réellement mieux et non pas ce que l’industrie publicitaire essaie de nous faire accroire à propos de la vie de luxe que nous « méritons » comme récompense pour notre travail. Si nous avalons l’appât que nous tend la publicité nous allons recevoir exactement ce que nous méritons – c’est-à-dire une vie où nous ne pourrons rien faire sauf manger, boire et regarder la télé car nous serons trop mal en point pour faire quoi que ce soit d’autre.
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